Orgue à cylindres d'Airvault
"Voix et orgue mécanique
d'Airvault" : CD Vendu 7 uros - Renseignements à la mairie d'Airvault. |
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Si le visiteur montait à la tribune, il découvrait alors derrière cette montre un petit orgue de six jeux avec un clavier de quatre octaves, sans pédalier. Il pouvait alors se rendre compte que la montre était un jeu rapporté qui ne faisait pas partie de l'instrument à l'origine car elle y était rattachée par un système pneumatique qui n'avait rien à voir avec ce petit instrument. L'ensemble fonctionnant très mal, cet orgue avait été abandonné au profit d'un orgue électronique. Derrière cet instrument, le visiteur découvrait de longues caisses étroites, et à l'intérieur de chacune d'entre elles, deux cylindres de bois portant des picots qui faisaient donc partie d'un instrument mécanique. En les examinant d'un peu plus près, on pouvait lire des inscriptions faites à la main : Messes pour les solennelles majeures Début Kyrie Gloria Communion etc Ainsi donc, ce petit orgue plutôt bizarre aurait été un orgue mécanique ! En effet, un examen plus soigneux du meuble permettait de trouver une ouverture par laquelle on passait les cylindres, mais en revanche pour un il non expert, il ne restait aucune trace du mécanisme de lecture de ces cylindres. |
Un jour, Jean-Albert Villard, alors organiste de la cathédrale de Poitiers et technicien conseil pour les orgues classés est venu l'expertiser : il s'est aperçu en ouvrant la laye . qu'elle était constituée de deux étages : la partie inférieure correspondant au clavier manuel avait conservé ses soupapes, mais la partie supérieure avait été condamnée : alors que la partie mécanique de l'orgue n'intéressait plus les maîtres des lieux, on l'avait tout bonnement supprimée. A la visite de J.A. Villard a succédé celle de Philippe Bachet, actuel technicien conseil auprès de la D.R.A.C. et l'orgue d'Airvault qui avait été acheté d'occasion à la paroisse de Claunay (86) par le conseil de fabrique en 1839, a été classé Monument Historique le 21 décembre 1994. |
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Cet orgue est unique dans notre région et très rare dans le pays : en France, il y aurait seulement trois ou quatre instruments semblables (pouvant fonctionner à la fois avec des cylindres et un clavier manuel). La restauration a été confiée au "Ludion" atelier de fabrication et de restauration d'orgues mécaniques. |
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M. Crasse, responsable de cette entreprise, a procédé à une nouvelle expertise et au démontage de l'instrument. Il l'a immédiatement identifié comme un instrument originaire de la fabrique de Mirecourt dans les Vosges. Certainement à la fin du 19ème siècle, avait-on voulu transformer l'instrument mécanique en un "vrai" orgue ; on avait donc supprimé la partie mécanique, rajouté des notes, étendu le clavier, ajouté un petit sommier pour installer les tuyaux supplémentaires. Plus tard, on lui avait adjoint une montre, donc un jeu de "principal" afin de donner du corps à un instrument trop léger pour remplir la nef de cette abbatiale. |
Le travail du facteur d'orgues a donc consisté à faire le chemin inverse pour retrouver l'orgue dans son état d'origine ou le plus voisin possible. Avec beaucoup de patience, il a dû analyser les cylindres pour déterminer quelles étaient les notes de l'orgue. Ensuite, il a fallu reconstituer le mécanisme de lecture puis reconstruire tout l'instrument dans sa nouvelle configuration. On a gardé une grande partie de la tuyauterie que l'on a restaurée, mais on a ajouté quelques jeux neufs (voir la composition : leur nom est écrit en italique). Pour effectuer le travail sur la tuyauterie métallique, on a fait appel au facteur d'orgues Patrice Bellet. Certains tuyaux sont installés sur le sommier* principal mais d'autres sont postés* sur un autre sommier plus haut. Les postages sont fabriqués avec une sorte de papier (bleu) ainsi que le veut la tradition à Mirecourt ; leur section n'étant pas large, on ne peut pas jouer à la fois tous les jeux de ce sommier secondaire car on manquerait de vent. |
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Pour jouer un cylindre, on le place sur le berceau que l'on fait glisser sous le clavier mécanique. Des repères écrits permettent de trouver le début des différents airs. Une manivelle entraîne lentement le mouvement de rotation du cylindre et les picots en laiton soulèvent les touches du clavier mécanique, ouvrant ainsi les soupapes de la partie supérieure de la laye et faisant chanter l'instrument selon les registres choisis. Certains airs durent exactement un tour de cylindre, d'autres sont plus longs et dans ce cas, le cylindre, guidé par une vis sans fin se déplace progressivement vers le côté. |
Pour le moment, la restauration n'est pas tout à fait terminée : il reste un travail à faire sur la mécanique faisant chanter le clavier manuel. L'orgue a maintenant 37 notes allant de UT 1 à MI 4. Manquent dans les graves : UT dièse, RE dièse, SOL dièse. Composition: bourdon 8, prestant 4, nasard doublette 2, flûte de Bonn 4, larigot 11/3 et tierce cromorne 8
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Les Amis de l'Orgue qui souhaiteraient faire le déplacement sont invités à prendre contact avec Serge Rousseau, organiste amateur très chanceux puisqu'il a pu participer à la construction d'un orgue de 20 jeux de Bernard Aubertin à Saint-Loup-sur-Thouet à cinq minutes d'Airvault. On peut donc visiter les deux orgues et l'église d'Airvault, magnifique abbatiale romane ornée d'une multitude de chapiteaux historiés (la paire de jumelles n'est pas superflue car l'église est haute). |
| La Laye: (Mot conservé du vieux français signifiant tiroir, coffre.) : compartiment situé au dessous et tout le long du sommier, et recevant l'air provenant de la soufflerie. Ce réservoir étanche renferme les soupapes actionnées par les touches du clavier, commandant l'admission d'air dans les gravures et les tuyaux) Postage : certains tuyaux ne peuvent pas être posés directement sur le sommier ; ils sont alors "postés" à distance : le plus souvent, c'est le cas des tuyaux de façade qui reçoivent l'air par des conduits en plomb les reliant au sommier. Sommier :
le sommier est l'appareillage le plus compliqué de l'orgue : il supporte l'ensemble de la
tuyauterie, et comporte un double système d'admission de l'air vers les tuyaux : |
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Serge
Rousseau |